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Suite affaire de Poitiers: leurs avocats racontent leur version des faits

06/01/2017
Justice
Suite affaire de Poitiers: leurs avocats racontent leur version des faits

Près de 10 jours après les faits, l'affaire de la plainte de l'ambulancier contrôlé en excès de vitesse par un policier commence à faire du bruit. Aujourd'hui, en exclusivité, les avocats de deux parties nous racontent la version des faits de leurs clients.

Que s'est-il réellement passé sur cette avenue de Poitiers ?
Le 28 décembre dernier, un simple contrôle de vitesse sur une ambulance privée aurait dégénéré Le véhicule d'urgence de la société Poitiers Ambulances roulait au-delà de la vitesse autorisée. Plaidant une urgence vitale, l'ambulancier semble refuser de s'arrêter. 
Selon les avocats du policier, c'est à ce moment-là que l'agent pointe son arme en direction du véhicule.

La version du policier

Il a sorti son arme pour obliger l'ambulancier à s'arrêter et il n'y avait pas d'urgence vitale pour la patiente. " Le policier est fatigué par toute cette pression médiatique car on le fait passer pour quelqu'un de dangereux et d'inconscient mais c'est sous la menace qu'il a sorti son arme.
Quand il s'est rendu compte que la voiture zigzaguait, roulait vite, qu'il n'y avait pas forcément de gyrophare et que c'était une ambulance privée, il s'est mis en travers de la route pour lui demander de s'arrêter. Comme l'ambulancier ne souhaitait pas s'arrêter, le policier s'est senti menacé et a sorti son arme car il avait peur", relate Maître Amaury Auzou, avocat du policier.
Puis il poursuit : "Une fois que l'ambulance s'est arrêtée, il a rentré son arme dans son étui, il a contrôlé l'ambulancier qui lui a expliqué l'urgence vitale de sa patiente. Là, il l'a laissé repartir après avoir photographié son permis et sa plaque. 
Mais en aucun cas il n'a sorti son arme quand l'ambulancier était arrêté.
Enfin, il a été avéré qu'il n' y avait pas d'urgence vitale pour la patiente. "

La version de l'ambulancier

Le policier l'a menacé avec son arme quand il était arrêté et la patiente était en urgence vitale. 
"Nous considérons que l'ambulancier s'est arrêté quand il a été interpelé par le policier. Là, le policier s'est approché, a commencé à hurler (selon le témoignage de l'autre salarié présent dans l'ambulance) et a sorti son arme. Cela veut dire qu'il a sorti son arme alors que le véhicule était à l'arrêt," explique Maître Christine Sournies, avocate de l'ambulancier.
Puis elle ajoute : " Quelle que soit l'attitude de l'ambulancier, rien ne justifiait que le policier sorte son arme et qu'il la pointe en direction de la tête de notre salarié. Il n'y avait pas de situation de légitime défense. 
En plus, il s'est avéré que la patiente transportée était en urgence vitale puisqu'il était 16h45 et qu'elle devait être opérée à 17h."
Et de conclure : "Le salarié très choqué par les faits a immédiatement déposé plainte et la société qui l'emploie ainsi que l'ATSU 86 comptent le faire aussi. "

La justice a ouvert une enquête

Une enquête a été ouverte par le parquet de Poitiers pour "vérifier les conditions de l'urgence absolue du transport du malade et de l'emploi du gyrophare".
Une réglementation très stricte encadre les pratiques des entreprises d'ambulanciers :
Une ambulance est considérée comme un véhicule d'intérêt général prioritaire uniquement lorsqu'elle est missionnée par le SAMU et que la vie de la victime est en jeu.

Précision de notre part

Une ambulance est considérée comme un véhicule d'intérêt général prioritaire uniquement lorsqu'elle est missionnée par le SAMU même si l'urgence n'est pas vitale, il s'agit dans ce cas d'adapter sa conduite en fonction de l'état de santé du patient.
Lien de l'article du CATSUF sur les ambulances en SAMU: https://www.catsuf.fr/catsuf/legislation/55-priorite-de-passage-en-inte…


Source : France 3 http://france3-regions.francetvinfo.fr/poitou-charentes/vienne/ambulanc…

Sébastien CHMIL
Ambulancier diplômé d'état
Vice-président du CATSUF chargé de la communication