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Des ambulanciers de Joigny racontent leur quotidien

12/12/2015
CATSUF dans la presse
joigny ambulance
D’habitude, les ambulanciers écoutent les maux de leurs patients. Aujourd’hui, entre deux missions, ce sont eux qui se confient et racontent leur métier.
 

Les téléphones sonnent dans tous les sens. Cécile Saget n'a pas quatre mains, mais c'est tout comme. Dans la société d'ambulances avenue du Général-de-Gaulle, elle est d'abord la régulatrice, celle qui « dispatche le travail ». Une pièce maîtresse. Bien avant d'être la femme du patron, Hervé. Cécile gère le quotidien, l'imprévu, l'urgence aussi. Cas typique : « Nous avons envoyé un VSL (véhicule sanitaire léger, N.D.L.R.) or, il faut une ambulance ». La patiente doit être transportée en position allongée. Un coup de fil et le problème est réglé.

« Savoir composer avec la matière humaine »

Devant son écran d'ordinateur, Cécile Saget sait précisément qui est à quel endroit. « Elle voit même si un ambulancier dépasse les limitations de vitesse », explique son mari en désignant les curseurs qui se déplacent sur la carte routière. Ce matin-là, tout le personnel est sur le terrain. Les bureaux des Ambulances Saget Amjo sont bien calmes quand les employés sont de sortie. « Les loulous », comme les appelle le patron. « Je n'ai pas de salariés. Je n'ai que des collègues », commente cet ancien dessinateur industriel reconverti dans le transport médicalisé.

Dans le milieu, « les gens viennent souvent d'horizons différents ». Beaucoup ont connu une autre vie avant de se réorienter. Sûrement parce que s'occuper des personnes âgées ou malades « demande de la maturité ». Devenir ambulancier, c'est savoir composer avec la matière humaine. « S'adapter ». Le transport représente en fait 10 % de l'activité. Les 90 % restants relèvent plus du social, de l'assistance. Un train-train entre les gardes - de jour comme de nuit - les missions, la paperasse… Un métier « prenant physiquement et psychologiquement ». Mais un métier qui rend « joyeux, parce qu'on apprend à relativiser ». Parce qu'on l'exerce avec « passion ». Ou on ne l'exerce pas du tout.

Michaël Giacomazzi et Rhony Jasmin disent sensiblement la même chose que leur patron. En ce milieu d'après-midi, les deux hommes rentrent de consultation chez le kiné avec le fameux véhicule blanc à la croix bleue, estampillé Saget. Leur journée est terminée. Très complices, les ambulanciers de 29 et 46 ans ont la banane. Ils forment un beau duo. « L'habitude de travailler ensemble » est palpable dans la façon qu'ils ont de se parler. « Il y a de bons liens entre collègues ». De bons liens, aussi, avec leurs patients. « Ils se confient beaucoup à nous. On a leur sympathie et leur reconnaissance ». Certains ont même leurs petites exigences et demandent à être transportés par un homme, une femme, un ambulancier en particulier. C'est cela, aussi, la proximité.

« Les yeux et les mains du médecin »

Mission un peu moins connue du grand public, l'ambulancier est également, et surtout, un soignant. « Notre boulot, c'est l'urgence même ». Derrière ce chauffeur en habit médical, se cache un professionnel à la formation de secouriste (630 heures) bien plus poussée qu'un pompier volontaire. « Les gens l'ignorent. Quand on est appelé sur une urgence, ils réclament les pompiers ». Mais le Samu a tranché en amont. « Voix publique, c'est rouge. Lieu privé, c'est blanc », schématise Hervé Saget. Une fois sur place, dans le vif du sujet, « nous sommes un peu les yeux et les mains du médecin. Le lien direct entre le patient et le Samu ». Un maillon indispensable dans la chaîne du soin.


Source: http://www.lyonne.fr/yonne/actualite/pays/centre-yonne/2015/12/12/rencontre-avec-les-hommes-en-bleu-de-la-societe-saget-amjo-avenue-charles-de-gaulle-a-joigny_11702514.html

Elsa Mongheal
L'Yonne Républicaine