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CATSUD 41: des services d'urgence en souffrance

08/11/2016
CATSUF dans la presse

Dans une lettre, le docteur Isaac Gbadamassi, chef des urgences au CH de Blois, dénonce “ l’inacceptable en matière de santé publique ”.

Depuis quelques jours, une lettre fait le tour des réseaux sociaux. S'il n'est pas responsable de sa large diffusion, le docteur Isaac Gbadamassi, chef des urgences et du Samu du centre hospitalier de Blois a néanmoins envoyé ce courrier aux élus du sud du Loir-et-Cher, dénonçant, une fois de plus, la désertification médicale et la situation de plus en plus critique aux urgences des hôpitaux dans le département. « Cela fait seize ans que je tire la sonnette d'alarme », confie-t-il.

" Nos efforts se volatilisent, accentuant notre désarroi "

Après le centre hospitalier de Bourges « en grande difficulté », c'est celui de Châteauroux qui est également « à genoux, y compris en médecine de ville car ils ont dû réduire leurs secteurs de garde ambulatoire obligeant les patients à parcourir 50 voire 70 km pour consulter un médecin généraliste », commente le docteur Isaac Gbadamassi. En Loir-et-Cher aussi, il qualifie la situation de catastrophique avec un seul urgentiste titulaire en poste à Romorantin.

Quant à Blois, il nous faut assurer une présence constante tous les jours, week-ends compris quitte à travailler dans l'illégalité administrative totale », poursuit le docteur Gbadamassi.

Alors les jeunes ne se bousculent pas au portillon : aux urgences de Blois, Isaac Gbadamassi attendait deux recrues de Tours en novembre mais ils ont finalement décliné préférant une médecine non clinique, c'est-à-dire de laboratoire.

En prenant l'exemple d'une journée, il déclare : « Nous avons pris en charge dix-sept personnes dont la plus jeune est âgée de 92 ans, ce n'est pas le rôle des urgences de prendre en charge des personnes qui se sentent seules alors que des quarantenaires ont de réels problèmes cardiaques. Nous n'avons pas les moyens humains de tout gérer ».

Des propos confortés et relayés par Stéphane Jacquet, délégué territorial du collectif des ambulanciers Catsud 41 : « Un médecin en moins, deux médecins en moins et tout s'enchaîne. Depuis deux ans, le phénomène augmente. Dans les faits, cela mobilise un équipage, on intervient pour des urgences qui n'en sont pas faute de médecins, il nous arrive de patienter une heure aux urgences contre quinze minutes réglementaires car le personnel est débordé. » Avant de conclure son courrier, Isaac Gbadamassi ne manque pas, sans détours mais avec ironie, de dénoncer les « belles et très coûteuses maisons de santé pluridisciplinaires éternellement vides ».


Source: http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2016/11/08/Urgences-des-services-en-tres-grande-souffrance-2894877

Méryl Serthelon
La Nouvelle république