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le regard de la population sur la profession d'ambulancier

15/12/2015
Reportages
Ambulancier en intervention

Etude réalisée par Harris Interactive pour la Chambre Nationale des Services d’Ambulances (CNSA).

Enquête réalisée en ligne du 17 au 19 septembre 2013. Echantillon de 985 personnes représentatif de la population française âgée d’au moins 18 ans, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

- Quelle opinion générale les Français ont-ils de cette profession, notamment par rapport à d’autres acteurs des transports médicaux ?
- Quels traits d’image associent-ils aux ambulanciers en particulier ?
- Quel mode de transport les Français choisiraient-ils en cas d’urgence, ou pour se rendre simplement à un rendez-vous médical ?
- Quelle connaissance les Français ont-ils des services d’ambulance, que ce soit en termes de coût pour la Sécurité sociale ou de ministère de rattachement ?

Que retenir de cette enquête ?

Les ambulanciers disposent globalement d’une bonne image (7,4/10), mais moins unanimement positive que celle des acteurs du service public à savoir les pompiers (8,9/10) ou encore le SAMU (8,7/10). 

L’image des ambulanciers reste néanmoins très peu structurée : les Français rencontrent des difficultés à associer, ou non, différents attributs aux représentants de cette profession. Ainsi, le métier d’ambulancier semble principalement caractérisé par son utilité collective (« utile pour la société » : 7,6/10 ; « nécessaire au bon fonctionnement du système de soins » : 7,4/10) mais aussi par sa faible attractivité (« attractive pour les jeunes » : seulement 5,2/10 ; « bien rémunérée » : 5,1/10 ; « qui offre des conditions de travail et des avantages sociaux intéressants » : 5/10).

Dans le détail

Parmis les personnes interrogées, 70% attribuent aux ambulanciers une note d’appréciation supérieure ou égale à 7/10, dont 32% leur attribuant même les notes de 9/10 voire 10/10. Avec 7,4/10 de note moyenne, les ambulanciers suscitent chez les Français une opinion sensiblement favorable. Néanmoins, deux autres acteurs des transports médicaux (représentant les services publics) bénéficient d’une image plus positive encore que les ambulanciers : les pompiers (8,9/10 de note moyenne) et le SAMU (8,7/10), chacun recueillant même une note supérieure ou égale à 9/10 de la part d’une majorité absolue des Français.

Notons qu’aux yeux des personnes interrogées, ces différents modes de transport ne sont pas concurrents (seulement 21% le pensent), mais complémentaires (69% partagent ce jugement).

Au-delà de leur cas personnel, les Français estiment également que les ambulanciers disposent d’une image largement positive auprès des patients (89% des Français estiment que ces derniers ont plutôt une bonne image des ambulanciers), des Français en général (83%) et des autres acteurs de la chaîne de soins (79%). Les Français ont donc eux-mêmes une bonne image des ambulanciers et ils estiment que ce regard positif est largement répandu, tant parmi le grand public que dans le monde médical. 
Néanmoins, les personnes interrogées se montrent légèrement plus partagées quant à savoir si les pouvoirs publics ont une bonne image des ambulanciers : 63% jugent que c’est le cas, mais 37% des Français estiment plutôt que les pouvoirs publics ont une mauvaise image de cette profession.

L’image des ambulanciers reste néanmoins très peu structurée : les Français rencontrent des difficultés à associer, ou non, différentes attributs aux représentants de cette profession, qui est principalement caractérisée par son utilité collective mais aussi par sa faible attractivité.
Invités à décrire spontanément la façon dont ils perçoivent les ambulanciers, les Français utilisent principalement des termes décrivant l’apparence extérieure d’une ambulance : les personnes interrogées citent massivement la couleur « blanche », que ce soit celle du « véhicule » ou de la « tenue » des ambulanciers, mentionnant parfois la « croix » de couleur « bleue », ainsi que le « gyrophare ».

Les Français utilisent également des mots visant à décrire les activités associées aux ambulances : leur rôle de « secours », dans des situations d’ « urgence » – notamment dans le cas d’un « accident » – permettant le « transport » des « malades » (ou « blessés ») vers l’ « hôpital.

Si les ambulanciers bénéficient dans l’ensemble d’une opinion positive de la part des Français, soulignons néanmoins que l’image dont ils disposent semble à ce jour peu structurée. En effet, les personnes interrogées rencontrent des difficultés à dégager les éléments d’image qu’ils associent aux ambulanciers et les dimensions qu’ils attribuent moins à cette profession. Parmi le grand nombre de traits d’image testés, du professionnalisme des ambulanciers à leur ponctualité, en passant par leur amabilité, leur disponibilité et leur honnêteté, aucun ne se démarque comme correspondant particulièrement bien, ou mal, aux ambulanciers.

Ainsi, quelle que soit la dimension concernée, les Français déclarent plutôt qu’elle correspond plutôt bien à l’image qu’ils se font de la profession : les personnes interrogées associent des notes comprises entre 6,4/10 et 7,1/10 pour évaluer le lien qu’ils établissent entre chacun de ces traits d’image et les ambulanciers en général.

De façon transversale, certaines catégories de population sont plus enclines à associer les ambulanciers aux différentes qualités proposées : les femmes, les jeunes (18-24 ans), les personnes les moins diplômées et les habitants du Nord-Est et du Nord-Ouest de la France sont ainsi plus promptes que la moyenne à associer chacune de ces qualités aux ambulanciers. Les Français parviennent davantage à émettre une opinion précise concernant différentes affirmations au sujet de la profession d’ambulancier.

Ainsi, l’image de la profession auprès des Français se caractérise par l’utilité sociale qui leur est attribuée : les Français sont nombreux à souligner l’utilité des ambulanciers pour la société (7,6/10 de note moyenne) et leur nécessité au bon fonctionnement du système de soins (7,4/10). 
En négatif, les Français semblent peu convaincus de l’attrait exercé par la profession : celle-ci est plutôt perçue comme difficile à exercer (6,7/10) et son potentiel d’attractivité est jugé limité, que ce soit en termes de conditions de travail (seulement 5/10), de rémunération (5,1/10) ou d’attractivité spécifique auprès des jeunes (5,2/10).

Sur ce dernier point, notons une forme de paradoxe : les personnes les plus âgées semblent davantage persuadées du pouvoir d’attractivité de la profession pour les jeunes (5,5/10), quand les jeunes eux-mêmes se montrent nettement moins convaincus (seulement 4,8/10).

A nouveau, les Français sont loin d’être unanimes pour dire que la profession est bien reconnue par les pouvoirs publics (5,6/10) et elle ne semble pas non plus particulièrement associée à des revendications sociales (seulement 5,1/10).

Enfin, les Français portent un jugement intermédiaire sur les autres dimensions, jugeant qu’elles ne correspondent ni vraiment bien, ni vraiment mal à la profession (entre 6,1 et 6,7/10 de note d’attribution) : le fait que cette profession dispose d’une bonne image auprès des Français (6,7/10), qu’elle soit difficile à exercer (6,8/10) et impliquée dans la gestion de l’urgence au quotidien (6,7/10), qu’elle fasse des efforts pour adapter ses services aux besoins des patients (6,5/10), qu’il s’agisse d’une profession d’avenir (6,3/10), concurrencée par d’autres types de transports (6,1/10) ou créatrice d’emplois (6,1/10).

Les Français rencontrent également des difficultés à estimer le coût pour la Sécurité Sociale des principaux modes de transports médicaux : par rapport à d’autres solutions, les transports en ambulance ne sont ni jugés particulièrement chers, ni particulièrement économiques ; tandis que les pompiers sont davantage identifiés comme le mode de transport le plus coûteux, le taxi étant associé au coût le plus faible pour la Sécurité Sociale.

Les Français semblent méconnaître le coût réel pour la Sécurité Sociale des principaux modes de transports médicaux envisageables, entre pompiers, ambulances, VSL et taxis. Le coût de l’intervention des pompiers suscite également des réponses particulièrement clivées parmi les Français : 41% des personnes interrogées estiment – à raison – qu’il s’agit du transport le plus cher pour la collectivité, mais 31% jugent au contraire qu’il s’agit du transport le moins coûteux.

Les Français n’expriment pas d’avis particulièrement tranché concernant le coût du transport en ambulance, qui n’apparaît ni comme le transport le plus cher (seulement 12%), ni comme le moins cher (seulement 19%)

La plupart des Français associent les ambulanciers au Ministère de la Santé (71%) plutôt qu’au Ministère des Transports (29%).

Conclusion

Sept Français sur dix jugent que la profession d’ambulancier et les services qu’elle dispense se sont plutôt améliorés au cours des dernières années: 70% des personnes interrogées perçoivent plutôt une amélioration contre seulement 30% une dégradation. Les réponses sont certes de faible intensité – seuls 8% vont jusqu’à affirmer que la profession s’est « beaucoup améliorée », quand 62% jugent plus modérément qu’elle s’est « plutôt améliorée » mais témoignent néanmoins d’un sentiment global d’évolution positive, dans un contexte national où la tendance est pourtant à anticiper une dégradation généralisée.

Source: Enquête de Harris Interactive

Sébastien Chmil
Ambulancier Diplômé d'Etat
Vice-président du CATSUF chargé de la communication