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Gardes SAMU : zoom sur le travail de nuit des ambulanciers

03/03/2017
Reportages
Gardes SAMU : zoom sur le travail de nuit des ambulanciers

La nuit c'est aussi des moments de détresses, d'urgence... L'obscurité donne une gravité supplémentaire à l'événement... Carl et Laurent sont ambulanciers et sont de garde SAMU. Tout commence ici dans leur QG, le régulateur des urgences déclenche leurs interventions, et une nuit en montées et en descentes d'adrénaline. Nous avons pu recueillir le témoignage d’un des deux ambulanciers.

Carl : Bonjour, je me présente, je m'appelle Carl Pastor. Je suis Auxiliaire Ambulancier depuis maintenant plus de 3 ans. J'ai obtenu mon diplôme à l’IFA de Tours, à la suite de quoi j'ai décroché rapidement un poste en CDI chez Jussieu Secours Tours. Depuis le 1er janvier 2015, je suis passé officiellement ambulancier de nuit.

CATSUF : qu'aimez-vous dans le métier d'ambulancier ?

Carl : Avant de parler de ce que j'aime, j'aimerai souligner que pour exercer cette profession, il est nécessaire, à mon sens, de posséder certaines qualités humaines et un équilibre personnel fort, qui sont essentiels pour appréhender tous les aspects du métier.

Ce que j'aime particulièrement (et je ne dois pas être le seul !) c'est le contact avec les gens et le rapport à l'humain qu'on peut avoir dans différentes situations. On se doit d'être le plus juste et le plus franc dans notre prise en charge, qu'il s'agisse d'urgence ou d'une simple consultation. Nous sommes des intervenants extérieurs évoluant dans les milieux parfois très personnels et douloureux de certains patients. Nous nous devons alors d'être à l'écoute, d'avoir une certaine ouverture d'esprit et de mettre de côté nos a priori ! J'aime l'urgence, l'adrénaline et le challenge que chaque intervention peut apporter.

CATSUF : La nuit a-t-elle une saveur particulière ?

Carl : La nuit a de particulier qu'elle offre un regard différent sur les gens. Avec la nuit les « gens » (j'entends par là les patients, mais aussi les collègues, ambulanciers, infirmiers...) prennent plus le temps pour dialoguer, pour échanger, pour partager. Il y a la nuit, c'est certain, un rythme et une vision différente, on s'autorise parfois des choses qu'on ne pourrait pas faire le jour et cela passe aussi par les excès, l'urgence de certaines interventions... Et puis il y a l'isolement aussi, qu'il soit personnel, dans nos relations avec notre famille, nos amis, mais aussi, du côté des patients qui souvent n'ont que nous pour les prendre en chargent et les aider au mieux.

CATSUF : Faites-vous des urgences ?

Carl : Oui, personnellement je fais beaucoup d'urgence. Je ne fais même que ça depuis quelques mois, puisque je ne monte que des gardes départementales et suis donc missionné uniquement à la demande de la régulation du SAMU. Par nuit, sur une durée de 11h, je fais entre 6 et 8 interventions.  Cela peut aller du malaise cardiaque médicalisé par le SMUR, au trauma de cheville en rentrant de soirée ou encore la détresse psychologique d'angoisses nocturnes ! En 2 ans de nuit j'ai dû aider 5 ou 6 femmes à accoucher à leur domicile et je ne compte plus le nombre de suspicion d'AVC emmené aux urgences neurologiques (UNV). Mais certaines interventions marquent l'esprit, certains patients sont transportés plusieurs fois et on voit l'évolution de leurs pathologies...

CATSUF : Quel avenir a d'après vous le métier d'ambulancier ?

Carl : De mon point de vue (et je sais qu'il est particulier), je dirais qu'il n'y a rien à changer ! Ahaha ! Mais plus sérieusement, je trouve que notre profession est trop peu connue et pas assez valorisée. Si l'on compare avec l'image dont jouissent les pompiers, celle-ci est bien plus grande alors qu'en réalité nous faisons « presque » la même chose (avec un équipier en moins dans nos ambulances et des diplômes paramédicaux en plus!). Et si l'on se penche sur nos voisin, anglo-saxon notamment, on voit alors que ces derniers sont « paramedic » est que leur formation est bien plus longue et riche. Je ne sais pas si un jour nous arriverons à faire rentrer le métier d'ambulancier dans le paramédical, au même titre que les infirmiers mais je pense qu'une formation plus longue et une meilleure reconnaissance de nos compétences sont primordiales afin de faire évoluer la profession vers un avenir meilleur.

CATSUF : comment avez-vous vécu ce reportage avec France 3 ?

Carl : Cela a été très enrichissant et ce pour 2 raisons principales ! La première est que nous étions filmés et donc « surveillés », « jugés », nous nous devions alors d'être le plus professionnel possible et d'être irréprochables, afin de rendre une image aussi valorisante que possible, pour nous personnellement mais surtout pour le métier. Deuxièmement, nous devions expliquer, de manière la plus claire et compréhensible possible, tous les aspects essentiels de notre profession, à 2 journalistes qui n'avaient peut-être jamais abordé ce sujet. Il fallait donc faire preuve de justesse et d'objectivité, afin de rendre au mieux ce que cela fait d'être ambulancier ! Cela a été très enrichissant et je pense que le reportage a su très bien le retranscrire !
 

L’équipe du CATSUF tient à remercier Carl et Laurent pour leur belle prestation dans le reportage et pour avoir participé à démontrer que les ambulanciers ne sont pas que de simples transporteurs comme on peut encore l’entendre aujourd'hui. Nous remercions aussi Carl d’avoir pris le temps de nous faire un retour sur le métier d’ambulancier et le reportage.

Le CATSUF remercie également France 3 région Centre-Val de Loire pour avoir réalisé ce reportage et avoir su retranscrire le métier de l’ambulancier. Ci-dessous la vidéo du reportage en question.

 


Source video : http://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/coulisses-du…

L'équipe du CATSUF