Newsletter

The subscriber's email address.

Tout savoir sur les Bactéries Multi Résistantes (BMR)

27/10/2015
Santé, prévention et risques
bactéries

Les BMR: définition et présentation

Une Bactérie Multirésistante aux antibiotiques (BMR) est une bactérie qui n’est plus sensible qu’à un très petit nombre d’antibiotiques. Toutes les bactéries peuvent développer une multirésistance, qu’elles soient impliquées dans les infections communautaires ou dans les infections nosocomiales.

Toutes les bactéries peuvent développer une multirésistance, qu’elles soient impliquées dans les infections communautaires (comme le pneumocoque responsable d’infections ORL ou pulmonaire) ou dans les infections nosocomiales (comme le staphylocoque doré). Les bactéries multirésistantes ne sont pas plus aggressives que les bactéries sauvages (qui n’ont pas acquis de résistance) mais elles compliquent beaucoup le traitement, car elles ne sont sensibles qu’à très peu d’antibiotiques.

Les SARM ou Staphylococcus Aureus Résistant à la méticilline

Les Staphylococcus Aureus ou staphylocoques dorés représentent les germes les plus fréquemment impliqués dans les infections nosocomiales. Les SARM sont des staphylocoques dorés qui on développé des résistances à plusieurs antibiotiques dont la méticilline. Ils représentent 5 à 10% des germes isolés dans les infections nosocomiales. Comme les staphylocoques sauvages (qui n’ont pas développé de résistance), les SARM se trouvent sur la peau ou dans les narines des patients. Ils peuvent provoquer des infections de la peau en cas de plaie, des infections sur site opératoire, des pneumonies, des infections urinaires ou des infections du sang.

Les EBLSE ou Entérobactéries productrices de ß-lactamase à spectre étendu

Les entérobactéries sont des bactéries habituellement présentent dans le tube digestif et elles représentent 35 à 40% des bactéries responsables d’infections nosocomiales. Les EBLSE, qui ont acquis de multiples résistances sont responsables, d’1% des d’infections nosocomiales. Elles provoquent essentiellement des infections urinaires ou des bacteriuries asymptomatiques, des infections sanguines et les infections de plaies ou de site opératoire.

Les ERV ou Entérocoques résistants à la vancomycine

Les ERV sont encore peu retrouvés dans les infections nosocomiales en France alors qu’ils sont déjà très présents dans certains pays européens ou aux États-Unis.

Les PAR ou Pseudomonas aeruginosa multirésistants

Les P. aeruginosa représentent 10 à 11% des bactéries responsables d’infections nosocomiales. Les sites de portage du pseudomonas sont l’oropharynx et le tube digestif. Les souches de P. aeruginosa résistantes diffusent par petites épidémies et sont impliquées dans des infections respiratoires, urinaires ou cutanées. Certaines souches toto-résistantes sont retrouvées chez les patients atteints de mucoviscidose.

Les ABR ou Acinetobacter baumannii multirésistant (résistant à la ticarcilline)

Les ABR sont de plus en plus souvent impliqués dans les infections nosocomiales de certains secteurs hospitaliers comme les unités de soins intensifs. On le retrouve au niveau de l’oropharynx, de la peau et du tube digestif. Elles sont redoutées à l’hôpital car la persistance de ces bactéries dans l’environnement est parfois impressionnante et est à l’origine d’épidémies.

Les prions

Le prion dérive d'une protéine qui existe à l'état naturel chez tous les mammifères et donc chez l'homme. Pour une raison inexpliquée, cette protéine peut se replier et changer de forme, elle devient alors nocive et on l'appelle "prion". Comment agit un prion ? La durée de vie moyenne du prion, demeure encore très mystérieuse. Le repliement anormal de la protéine sur elle-même empêcherait notre organisme de l'éliminer. C'est donc l'accumulation de prions dans le cerveau qui provoquerait la mort des neurones. Répétée des millions de fois, cette opération entraîne la perte massive des cellules nerveuses qui aboutit à la mort du patient.

Détection et localisation des BMR

Le réservoir des SARM, des EBLSE et des ERV est humain. La présence de ces BMR est détectée par prélèvement et analyse bactériologique. Un patient est dit“porteur” quand une BMR est retrouvée dans les prélèvements effectués sur le patient alors qu’il ne présente aucun signe d’infection. On dit qu’un patient est“infecté” s’il présente des signes d’infection. Les SARM sont présents essentiellement sur la peau et dans les narines, les EBLSE et ERV se trouvent préférentiellement au niveau du tube digestif. Les PAR et ABR ont une résistance particulière dans l’environnement.

La transmission des BMR se fait essentiellement par voie manuportée, par le personnel médical et paramédical mais aussi par du matériel contaminé comme les brassards des tensiomètres, les stéthoscopes...

Lutter contre les BMR

Identification précoce des patients porteurs

Le portage des BMR peut persister plusieurs mois chez les patients porteurs sans aucun signe clinique d’infection. Les patients porteurs peuvent donc l’être encore au moment d’une nouvelle hospitalisation, c’est pourquoi le dépistage des BMR se fait de façon systématique, pour tous les patients, dès leur admission dans les services les plus exposés comme les soins intensifs. La notion de portage de BMR est indiquée sur les dossiers des patients pour qu’ils soient identifiés rapidement et permettre la prise en charge adaptée.

Isolement géographique des patients porteurs de BMR, c’est à dire installation en chambre seule

Lavage de mains qui est le premier geste ayant prouvé son efficacité pour limiter le risque de transmission des mico-organismes. Lavage des mains à l’eau et au savon et utilisation de solution hydro-alcooliques (SHA).

Port de gants à usage unique, de surblouse lors de soins et dans quelques situations particulières pour les SARM, le port de masque.

Matériel de soins unique à chaque patient (tensiomètres, stéthoscope…) qui doivent rester dans la chambre du patient).

Gestion rigoureuse des déchets et pour certaines BMR comme les PAR et les ABR, désinfection adaptée de l’environnement et des surfaces.

Quelques statistiques

Selon les données du réseau BMR-Raisin (Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales) :

Pour les SARM, le nombre annuel d’infections nosocomiales à SARM est estimé entre 32 000 et 42 000, dont environ 5 000 bactériémies. La densité d’incidence globale était de 0,38 pour 1 000 journées d’hospitalisation, elle a diminué depuis 2002 de 40% globalement et de 55% en réanimation.Pour les EBLSE, le nombre annuel d’infections nosocomiales est estimé entre 29 000 et 50 000, dont environ 5 000 bactériémies. La densité d’incidence globale était de 0,46 pour 1 000 journées d’hospitalisation et depuis 2002, elle a augmenté de 354 % (...)

Système de protection pour BMR (essai)

 

1445935798_0.jpg

Photo source : Assistance Ambulance Nantes (44)

Sébastien Chmil
Ambulancier Diplômé d'Etat
Vice-président du CATSUF chargé de la communication