Newsletter

The subscriber's email address.

Les ambulanciers du 31 dénoncent les excès de l'expérimentation de la garde préfectorale

10/03/2017
Témoignages
Les ambulanciers du 31 dénoncent les excès de l'expérimentation de la garde préfectorale

Les ambulanciers de la Haute Garonne (31), ont fait savoir qu'ils ne supportent plus que leurs compétences soient mises à l'écart depuis le début de l'expérimentation de la H24. Les consignes données aux régulateurs en interne par la direction du SAMU 31 sont claires. Plus d'urgence et d'interventions valorisantes pour les ambulanciers alors qu'on nous impose des ambulances grands volumes suréquipées, des niveaux de formation élevés, et des contraintes qui n'ont plus lieu d'être.

La simple lecture des consignes données aux régulateurs par la direction du SAMU 31 a fait prendre conscience aux ambulanciers de leur relégation à accomplir en exclusivité les interventions qui se rapprochent des fonctions "aides ménagères et taxis" que ne veulent plus assumer les pompiers. Les textes des motifs des missions envoyés sur nos PDA sont réduits à leur plus simple expression reflétant le niveau de qualité du travail à accomplir qui nous est affecté. Plus d'urgences et d'interventions intéressantes pour lesquelles les ambulanciers ont été formés.
 
Pour accomplir les missions valorisantes pour les ambulanciers, le SAMU 31 privilégie les pompiers. Nous ne sommes pas dans la même configuration que pour le secteur Toulouse où interviennent des pompiers professionnels et non des volontaires payés à la vacation. Il serait opportun d'une part de connaître l'avis des médecins urgentistes de l'hôpital de Saint Gaudens où les ambulanciers signataires sont censés transporter les patients dans le cadre de l'urgence pré-hospitalière bien qu'on use et abuse de nous diriger sur Toulouse. D'autre part, quand on observe les interventions pompiers dont nous sommes privés maintenant, nous constatons de façon récurrente des situations paradoxales. 

Nous sommes en garde sur le barycentre en attente d'une mission téléassistance ou relevage pendant que les Sapeurs-Pompiers de centres des secours voisins, (Montréjeau, Boulogne, Salies du salat, Aurignac, l-Isle en Dodon,) interviennent à domicile par trois ou quatre pompiers. Dépourvus de Chef d'agrès dans leur VSAV, ils sont obligés pour faire le bilan de déplacer un chef d'agrès de la caserne de St Gaudens.

Les ambulanciers s'interrogent sur le temps passé sur ces missions réputées urgentes donc avec déclenchement VSAV quand il y a carence d'un chef d'agrès, conformément aux consignes internes données par la direction du SAMU depuis le début de l'expérimentation de la Garde H24 et sur les coûts de ces interventions dans le cadre général national de recherche d'économies d'argent public alors qu'un équipage d'ambulance est constitué de deux ambulanciers titulaires du DEA.  

Le bilan effectué par le quatrième ou cinquième pompier intervenant à savoir le chef d'agrès d'emprunt dépêché dans la plupart des cas depuis Saint Gaudens ne sera jamais de meilleure qualité que celui de l'ambulancier.
 
Ces situations paradoxales nous sont confirmées par plusieurs sources dont des ambulanciers, pompiers pendant leur temps libre, titulaires du DEA qui ne sont pas chef d'agrès et qui doivent attendre parfois sur leurs missions pompiers le chef d'agrès d'emprunt dépêché depuis Saint Gaudens.
 
On nous impose des ambulances grands volumes suréquipées, des niveaux de formations élevés supérieurs à celui des sapeurs-pompiers et des contraintes qui n'ont plus de raison d'être dans ce nouveau schéma.
 
L'ensemble des ambulanciers de la réunion demandent par souci d'objectivité au président du SAS, ambulancier ayant parallèlement la fonction SDIS, d'être assisté par un conseiller technique membre du bureau du SAS31, ancien dans la profession, exclusivement ambulancier, pour négocier afin de trouver une solution permettant de mettre fin à la dévalorisation de notre métier d’ambulancier. 
 
Les ambulanciers du sud du département signataires préviennent qu'ils seront inexorablement conduits à envisager un mouvement collectif au risque de paralyser l'expérimentation qui s'avère en l'état actuel du schéma tout à fait inadaptée à leur profession au cas où leurs doléances ne seraient pas prises en considération et n'obtiendraient pas de réponse (autre que politique). Ils savent répondre présents en toutes circonstances mais savent aussi être solidaires devant un manque évident de considération pour ne pas dire de respect envers leur profession.
 
Pour exemple les interventions dont ne veulent plus les pompiers chez les personnes ne répondant pas aux appels suite au déclenchement de la téléassistance, hors secteur Saint Gaudens à Montesquieu Volvestre, 60 kilomètres, 45 minutes de trajet pour arriver sans pouvoir au final en toute logique ouvrir la porte, appel au SAMU 31 qui envoie les pompiers dont la caserne est à cinq minutes pour détruire la porte à la tronçonneuse. Relevage de quelques minutes et retour soit deux heures et demie d'absence du grand volume sur secteur, 120 kilomètres parcourus, et les risques de ne pas intervenir à temps sur une personne ne répondant pas aux appels peut être victime d'un malaise cardiaque.

.......Ou bien comme déjà arrivé sur Toulouse un traumatisme crânien après chute d'une patiente retrouvée décédée dans une mare de sang  derrière la porte après ouverture par les pompiers suite à intervention des ambulanciers dans l'incapacité matérielle de pénétrer dans l'appartement 

.......Ou bien encore cette intervention secteur Toulouse pour un malaise vagal sur la voie publique en l'occurrence une route départementale à circulation dense avec tous les dangers imaginables sans moyens de balisage pour les deux ambulanciers.
 
.......Ou bien déclenchement de téléassistance au centre de Boulogne sur Gesse chez une personne ne répondant aux appels. A l'arrivée des ambulanciers, le patient déclare "je n'ai pas demandé une ambulance mais quelqu'un pour aller chercher mes médicaments".

Voilà le type d'interventions pour lesquelles interviennent nos gros volumes suréquipés selon les listes de l'ARS et notre personnel titulaire du Diplôme d'Etat d'Ambulancier. 

Les ambulanciers ne refusent pas ce type d'interventions, ils veulent simplement ne pas faire que ce type d'interventions, agir dans leurs champs de compétence et ce à quoi ils sont formés (...)

Patrice SERVAT, Directeur général SA31

Le Bureau National